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Ethique

Responsable de District: Jean Gorree
email: JeanGorré@orange.fr


L’ÉTHIQUE ET LE TRI MÉDICAL

Au début de la pandémie, j’étais fort surpris voire scandalisé par les propos de médecins italiens qui nous disaient, devant l’afflux des malades du COVID-19, devoir faire une sélection parmi les patients à soigner sous respirateur et cela, faute de matériel suffisant.

Mais que faisaient nos aïeux soignant des soldats blessés lors d’une guerre.

Devant l’ampleur des blessures graves, ils choisissaient de soigner ceux qu’ils pouvaient sauver au détriment des autres qui, hélas, mouraient dans la plupart des cas. C’est ce qui se passe en Italie et, nous pensions que cela n’arriverait pas en France. Mais, depuis quelques jours , les discours de la sphère médicale ont changé.

Le serment d’Hippocrate qui stipule de soigner les malades et tous les malades, deviendrait caduque (en partie). L’éthique ou la déontologie du corps médical est mise à mal. En effet, faut-il prendre tous les malades et les soigner sans distinction de leur gravité ou de leur âge ou bien, faire une sélection en priorisant les malades qui peuvent être sauvés? Les plus âgés ou les plus vulnérables (personnes à pathologie à risque) recevront les soins qui ne nécessitent pas des appareils spécifiques.

Il y a quelques jours, le professeur Axel KAHN, interrogé par un journaliste sur cette question de sélection, confirmait qu’en temps normal la question ne se posait pas, ainsi : « Si vous receviez en même temps aux urgences de l’hôpital une jeune femme enceinte avec un grave problème de grossesse et une personne âgée ayant une pathologie importante, le choix se portait immédiatement en priorité sur la jeune femme ».

Voilà un dilemme devant lequel je ne voudrais pas être confronté. Il ne faut pas juger ce choix qui est le bon sens mais qui pour tous, bien sûr, semble terrible. L’éthique est-elle toujours présente dans ce cas? Vaste question philosophique et morale.

Jean GORRÉE
DDCN 103 SE
Mai 2020